Défi 2013

De l'idée ... à l'arrivée !!!

Un projet un peu capilotracté :

Un jour de mois de juin 2012, je me suis levé avec l'idée "farfelue" de relier Bordeaux à Florence, en Italie, en tricycle couché.

Je précise en Italie, car plus tard quand je vais dire Florence on va souvent me demander, "dans le Gers ???"...

Donc l'idée m'est venue, comme ça !!! Tout simplement.

Pourquoi Florence ? vous demandez-vous...

Hé bien, parce qu'il faut toujours une première fois, une première destination. Et je me voyais mal entamer dés le départ un tour du monde. Ma femme et moi avons déjà visité une ville italienne et on avait envie d'y revenir, j'ai donc décidé d'aller à Firenze.

Mon idée était de relier Bordeaux à Florence en 10 jours, un sacré défi sportif !!!

Avec un bon entraînement ça devait le faire.

Mais je n'avais fait aucune recherche préalable bien sûr! C'était donc là,  le début de l'aventure...

J'ai d'abord commencé par regarder Mappy (une bible, avec ses limites, mais une bible Clin d'œil).

J'ai tatonné, tu m'étonnes, Mappy voulait me faire passer par Barcelonette, oups, pas trop d'accord là...

J'ai donc acheté deux cartes routières Michelin, il y a tout de même rien de mieux qu'une bonne vieille carte routière n'est-ce pas ???

J'ai regardé ma carte de France pour commencer et j'ai essayé de trouver les meilleurs tracés ou du moins, les moins dangereux. J'ai complété mes recherches avec Mappy pour optimiser mon trajet.

Début juillet, avant les vacances, j'avais déjà mon tracé en France. J'en ai fait de même avec l'Italie.

Une fois les jalons posés, je me suis dit qu'il fallait attaquer l'entraînement...

L'entraînement :

J'ai donc profité de l'été et de nos vacances pour faire des sorties en vélo de course dans les Alpes. Nous étions à Orcières (1850 m d'altitude), je sortais tous les matins entre 2 et 4 heures.

J'ai débuté ma préparation physique le premier week-end de septembre 2012 et j'ai arrêté la première semaine du mois d'avril 2013.

En septembre j'ai attaqué dans le bois dur : une semaine je me levais à 5 h 45 pour une heure de tricycle, un jour sur deux et la semaine suivante je sortais pendant environ 2 h 30 tous les deux jours. J'ai tout eu: la pluie, le beau temps, la grêle, le gel, il ne me manquait plus que la neige qui n'est pas tombée cette hiver, heureusement Clin d'œil.

J'ai fait quelques sorties longues distances avec ses petites galères :

 Eysines à Bergerac, 111 Km: obligé de m'arrêter pour cause de crevaison trop importante, pneu coupé par un gros bout de verre, irréparable. C'était le 22 décembre 2012.

Eysines à Vendays-Montalivet, 117 km, le 9 mars 2013. Le parcours se passait bien, je devais arriver à Lacanau, mais le sort s'en est mélé... La fixation de la remorque s'est cassée net. Mais ça ne s'arrêtait pas là, le dérailleur arrière s'est cassé et m'a arraché 5 rayons sur la roue... Bilan tricycle "out" à un mois et 9 jour du départ...

Donc côté galère, là c'est la tuile, obligé d'acheter un nouveau dérailleur, de remplacer 5 rayons (du "sur mesure", merci Urban Bike à Bordeaux Caudéran), de dévoiler la roue, et le départ qui approchait, un gros coup de stress.

Interview et rencontre :

Toutes ces émotions passées, j'ai fait ma toute première interview le 10 avril 2013  à 13 h 30. Je me suis rendu dans les locaux de FRANCE BLEU GIRONDE et j'ai été reçu par Philippe VIGIER, animateur de l'émission "Place des Grands Hommes".

Je ne me suis jamais confronté à une interview mais là je dois dire que c'était tout simplement génial. C'est un exercice fabuleux mais stressant je crois avoir utilisé à deux reprises le mot exactement, lol. J'ai été trés bien accueilli et tout de suite mis dans le bain et en confiance.

J'ai pu parler de mon défi, de la FLE ainsi que de mes motivations.

Le mardi 16 mars 2013 à 9 h 45, j'ai rencontré les enfants de la classe de CE 2 de l'école ... d'Eysines. Les enfants ont pu voir le tricycle, me poser des questions pratiques (à quoi peut bien servir une pelle, comment je me lave les dents, où vais-je dormir), mais aussi ils se sont interessés à la cause de mon défi, la FLE et surtout la leucémie. L'échange a été trés riche.

Le 17 avril 2013, c'est l'heure des dernières vérifications, le stress est là...

Le jour J : 

Voilà c'est le grand jour.

Tout d'abord merci à Laurent, Manu, Romain, Johan, Ali, André et son épouse, Muriel (ma femme) et Jade d'avoir été présents ce jour.

Départ donc à 9 h, place Stalingrad à Bordeaux et direction Agen, à la base, mais comme tout voyage, il y a des imprévus.

Cela a donc commencé par l'arrivée, non pas à Agen mais à Buzet sur Baïse, enfin dans son petit port de plaisance.

Bordeaux - Port de Buzet : 125 km

Bordeaux, place Stalingrad, Bouliac, Latresne, Cadillac, Langon, Auros, Grignols, Casteljaloux, Damazan, Aiguillon, Damazan, Port de Buzet (Canal du Midi).

Le trajet ne comportait pas de difficultés. Il faisait soleil. Tout était réuni pour cette première journée, sauf que... à peine le rond point de Latresne passé, j'ai eu une crevaison à la roue de la remorque. Je remplace ma chambre à air, je remonte le tout et je repars... je fais à peine 100 mètres que j'entends comme une explosion au niveau de la remorque... Nouvelle crevaison, aïe et en plus le pneu est HS... Dans mon set de secours, j'avais pris un scotch de réparation de tente, je mets donc deux bandes à l'intérieur du pneu au niveau d'une brêche de 3 cm de long pour 2/3 mm de large, je remplace par ma dernière chambre à air et je repars. A quelques kilomètres de Cadillac, la remorque saute beaucoup, le scotch ne va pas tenir longtemps, avant de partir pour Langon je tente de rentrer dans la ville à la recherche d'un magasin de cycle et là, comble de chance et de bonheur, j'ai à peine fait 100 m que je tombe sur "the magasin", j'achète donc pneu et chambres à air, je remplace le tout et reprends la route.

Tout se déroule trés bien jusqu'à la sortie de Damazan, je devais prendre la piste cyclable du canal du midi, mais le panneau indicateur ayant été arraché, je me suis éloigné jusqu'à Aiguillon pour revenir, donc plus de kilomètres... pfffff, surtout en fin de journée je m'en serais bien passé.

Arrivé trés tardivement et sans camping à proximité j'ai posé ma tente dans un terrain du joli petit port de Buzet, j'ai fait la toilette du chat (lol) à l'eau froide. Il faisait légèrement frais car j'étais trés proche du canal du midi.

J'ai dormi comme un bébé tout en me demandant ce que me réserverait la journée du lendemain...

J + 1 : 

Seconde étape de Port de Buzet à Pompignan

Réveil matinal, vers 5 h 30 et départ à 06 h 45 aprés une bonne nuit de sommeil.

Qu'aller donc me réserver cette journée...?

Port de Buzet – Pompignan : 108 km

Port de Buzet, Pompignan par le Canal du Midi.

Pas de difficultés sur ce trajet, si ce n'est les innombrables petites côtes pour le passage des écluses et c'est là que la chaîne du tricycle n'a pas aimé.

Blog de leskilometresdelespoir : KDE ou les Kilomètres De l'Espoir, Seconde étape de Port de Buzet à Pompignan

J'ai dû réparer à 3 reprises les maillons de ma chaîne, donc une perte de temps assez importante presque 1 heure pour les trois casses. Heureusement j'avais prévu des maillons de plus ainsi que des maillons "attache rapide". Ayant essayé de rattraper le temps perdu en réparation, j'ai poussé ma cavalcade jusqu'à Pompignan où j'ai trouvé un petit terrain herbeux en bord de canal à proximité du terrain de pétanque. La nuit fût calme et réparatrice. Je me demandais avant de me coucher si la série noire des réparations allait continuer...

J'ai fait un petit passage prés de Golfech et sa centrale, je pensais que le radioactif aurait eu un effet dopant, tu parles...

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J + 2 :

Troisième étape de Pompignan à Carcassonne 

Départ trés matinal, 6 h 15. 

Pompignan – Carcassonne : 125 km 

Pompignan, Toulouse, Port Lauragais par le Canal du Midi, Castelnaudary, Carcassonne. 

Ce matin, c'est l'appréhension, crevaison ? bris de chaîne ? 

Hé bien non, ce fut pire, à 6 reprises sur la journée, la roue arrière du tricycle s'est décrochée de ses emprises... la raison me direz vous ? 

...Hé bien c'était la faute de la remorque et surtout de l'état de la route du canal, plus de chocs, plus de bosses, de trous. Mais la grande surprise pour moi fut aprés le lac de Port Lauragais,     Blog de leskilometresdelespoir : KDE ou les Kilomètres De l'Espoir, Troisième étape de Pompignan à Carcassonne  

je suis passé d'un bitume trés moyen à de la terre et là, pas top du tout. 

Blog de leskilometresdelespoir : KDE ou les Kilomètres De l'Espoir, Troisième étape de Pompignan à Carcassonne

J'ai donc repris la route pour Carcassonne et ma première nuit en camping, avec douche chaude (enfin !!!), vaisselle et toilettes.  

 

J + 3 : 

Carcassonne – Loupian : 117 km 

Carcassonne, Puichéric, Capstang, Béziers, Vias, Agde, Marseillan, Loupian. 

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Il ne faisait pas trés beau au départ, mais le soleil a vite fait sa place, le vent aussi, toujours de face et assez fort. La plus grande partie du parcours se passe sans difficulté, jusqu'à ce que je passe par le centre de Béziers, alors là, panique, ils conduisent vite et trés mal, de grosses frayeurs, les voitures passent trop prés de nous, cela devient dangereux. Une fois sur la route d'Agde tout va mieux, moins de stress. Au niveau du relief c'est plutôt plat jusqu'à Agde, mais comme toutes les fins de parcours c'est à ce moment là que la difficulté arrive, lol, cela aurait été trop beau non !!!

Donc sur les 20 derniers kilomètres de Marseillan à Loupian, ce fut la traversée de Côtes de Thau, terme à deux sens, le premier viticole et le second au sens propre du relief. C'est beau mais long et comme par hasard à chaque jour son calvaire : un bris de chaîne. Ce soir là, je dors au camping municipal de Loupian.

 

J + 4 : 

Loupian – Arles : 104 km environ 

Loupian, Balaruc le vieux, Gigean, Fabrègues, Palavas-les-Flots, La Grande-Motte, Le Grau-du-Roi, Aigues-Mortes, Arles. 

Ce jour là, c'est le super beau temps, mais un peu frais à cause de l'éternel vent. Dés la sortie du camping c'est une belle piste cyclable qui va m'emmener jusqu'à Balaruc le vieux. Ensuite je me suis perdu et sans Jean-Claude retraité qui m'a remis sur la bonne route, j'aurais fait plus de kilomètres. Nous avons fait la route pendant environ 7 km. C'était une de mes premières et trés belle rencontre. 

Ensuite c'était la route balnéaire avec ses stations plus que connues. 

J'ai fait une petite halte à Aigues-Mortes, ville fortifiée que je ne soupçonnais même pas. 

Blog de leskilometresdelespoir : KDE ou les Kilomètres De l'Espoir, Cinquième jour de Loupian à ArlesBlog de leskilometresdelespoir : KDE ou les Kilomètres De l'Espoir, Cinquième jour de Loupian à Arles 

Ensuite, c'est la traversée des rizières camarguaises noyées dans les eaux ou cultivables, les élévages taurins et équins. 

Blog de leskilometresdelespoir : KDE ou les Kilomètres De l'Espoir, Cinquième jour de Loupian à ArlesBlog de leskilometresdelespoir : KDE ou les Kilomètres De l'Espoir, Cinquième jour de Loupian à ArlesBlog de leskilometresdelespoir : KDE ou les Kilomètres De l'Espoir, Cinquième jour de Loupian à ArlesBlog de leskilometresdelespoir : KDE ou les Kilomètres De l'Espoir, Cinquième jour de Loupian à Arles 

Aprés la campagne camarguaise je rentre dans Arles. Aux abords je m'y perds, des entrées d'autoroute partout, rocades et voies non cyclables et puis la découverte d'une piste qui doit m'emmener au centre... là j'y découvre un passage sous les voies rapides... il est surprenant de couleurs, c'est un dédale rempli de tags ce qui lui donne un certain charme. 

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Ensuite une petite montée, la seule de la journée, qui a pour récompense une nuit au camping.

 

J + 5 :

Sixième étape d'Arles à Pourcieux 

Arles – Pourcieux : 107 km 

Arles, St Martin de Crau, Salon de Provence, Aix-En-Provence, Pourcieux. 

Il fait beau et chaud, je pars pour Salon de Provence et mes premières côtes assez importantes. Je suis dans les Alpilles, un petit prémice. De longues montées, de petites descentes et ce de façon répétée. Cette journée met à rude épreuve mes pneumatiques qui étaient déjà usés, mais là on approche de la catastrophe. 

Blog de leskilometresdelespoir : KDE ou les Kilomètres De l'Espoir, Sixième étape d'Arles à Pourcieux 

La couleur verte représente la première sous couche de gomme et signifie que s'il pleut je risque de patiner un peu et surtout de glisser à chaque freinage. N'ayant pas de magasin cycle à proximité, je mise sur Draguignan pour effectuer le changement de pneus. 

Ce soir c'est dodo dans le champs d'un particulier, la famille Fournier, qui m'a offert un bout de champs sous des pins et de l'eau pour mon ravitaillement.

 

J + 6 :

Septième étape de Pourcieux à Brignoles 

Pourcieux – Brignoles : 31 km 

Pourcieux, St Maximin la Sainte Baume, Tourves, Brignoles. 

Aprés une nuit trés pluvieuse, la journée est trés ensoleillée et la température est chaude (coups de soleil). 

Blog de leskilometresdelespoir : KDE ou les Kilomètres De l'Espoir, Septième étape de Pourcieux à Brignoles

Je pars vers 9 h pour seulement 31 km, car je décide que c'est le bon moment pour  faire une petite pause au camping municipal de Brignoles. Aprés avoir installé ma tente, c'est la lessive. Une fois les corvées ménagères effectuées, je pars faire quelques courses et mange pour la première fois depuis 7 jours, des fruits et légumes et viande fraîche. Aprés un frugal déjeuner, place à l'entretien du tricycle. Il en a bien besoin, car je me suis aperçu qu'il y avait deux rayons cassés, un sur chaque roue avant. Cette journée de repos était la bienvenue, pour le tricycle comme pour moi.

 

J + 7 : 

Brignoles – Peymeinade : 97 km 

Brignoles, Le Val, Carcès, Lorgues, Draguignan, Peymeinade. 

Le responsable du camping m'a dit avant de partir que dés la sortie de Brignoles la montée de Le Val allait me donner la physionomie de ma journée et effectivement, ça monte dés le départ, lol, une belle journée en perspective... 

Mais le plus inquiétant est cette ususre des pneumatiques, aprés la couleur verte voici la couleur grise de la dernière couche et je ne suis qu'à 40 km de Draguignan et du Décathlon tant espéré. 

Donc ce matin là, c'était monter, descendre, monter descendre, lol, que des variantes...

Une fois à Draguignan, c'est le soulagement, enfin le Décath... Et là, surprise, pas de pneus Hutchinson (profilés pour la route) mais des pneus BMX, Oups, beaucoup de crampons ça... mais bon il faut bien faire avec. Vu le temps sec, je décide de continuer avec les pneus actuels. La journée est éprouvante car beaucoup de montées, je décide de ne pas tenter de rejoindre Grasse et donc de camper à Peymeinade où je trouve un terrain impec pour nous recevoir. J'en profite pour changer mes pneus et regarde ma future étape qui va monter plus encore qu'aujourd'hui, vivement...

 

J + 8 :

Neuvième étape de Peymeinade à Menton 

Peymeinade, Grasse, Le Rouret, Cagnes-s-Mer, Nice, Eze, Monaco, Roquebrune – Cap Martin, Menton. 

Aprés une nuit pluvieuse, pas de chance tout de même, je sais que la montée vers Grasse m'attend. Je traverse donc Grasse, ville aux senteurs diverses et subtiles, un vrai bonheur. Il s'y mèle des senteurs de roses, lilas pour les dominantes. La montée est longue mais l'olfactif l'emporte sur l'effort. 

Aprés cette petite pause olfactive, encore un peu de montée et c'est la délivrance avec des descentes à ne plus savoir qu'en faire jusqu'à Cagnes-sur-Mer.

 Blog de leskilometresdelespoir : KDE ou les Kilomètres De l'Espoir, Neuvième étape de Peymeinade à Menton

 De Cagnes-sur-Mer à la fin de la promenade des anglais de Nice c'est le paradis du cycliste, une large piste cyclable rien que pour nous... 

Blog de leskilometresdelespoir : KDE ou les Kilomètres De l'Espoir, Neuvième étape de Peymeinade à Menton 

 Ensuite en route pour Monaco et son relief, comment dire... corsé!Blog de leskilometresdelespoir : KDE ou les Kilomètres De l'Espoir, Neuvième étape de Peymeinade à Menton

 

L'arrivée à Menton sonne comme une délivrance sauf que... la camping se trouve tout en haut de la ville, y a pas plus haut, enfin si, mais aprés c'est le ciel, lol. Donc lors de mon ascencion vers la délivrance ma chaîne casse une nouvelle fois, grrrrr. Aprés la réparation il est temps d'arriver au camping, fermé pour travaux, qu'elle joie, mais vaille que vaille, je rentre quand même et découvre qu'ils ont laissés les fontaines d'eau, j'en profite pour faire ma toilette de chat et prend mon dernier repas chaud, car je n'avais pas prévu assez de gaz, dommage...

 

J + 9 :

Dixième étape de Menton à Loano

Menton – Loano : 93 km

Menton, Ventimiglia, Bordighera, San Remo, Impéria, Albenga, Loano.

Aprés une nuit pluvieuse, on va sortir de notre belle France et partir à la conquête de l'Italie, mais avant il va falloir descendre la route du camping, ça va être sport, lol. 

Aprés avoir acheté ma dernière chocolatine dans la dernière boulangerie avant le passage de la frontière, je la déguste sur le front de mer et c'est parti. Je passe la frontière et regarde le grand panneau avec comme fond le drapeau européen où le nom "Italie" apparait. Ca y est, j'y suis, je roule en Italie. Dés le départ, j'emprunte mon premier mais certainement pas dernier tunnel. Je ressort et là... ça grimpe, lol, ça me change...

Je traverse Ventimiglia et son marché européennement connu. Petite anecdote, Ventimiglia devient XXmiglia sur les panneaux indicateurs.

Je croise énormément de cyclistes et le "Ciao" est de sorti lui aussi. Lors de mes rencontres j'ai été dépassé par un coureur cycliste et environ 10 km plus loin je le retrouve sur le bord de la route, à fumer sa cigarette, un sourire satisfait. Je le passe, et peut-être 10 minutes plus tard il me dépasse à nouveau et je le retrouve encore plus loin à fumer sa cigarette, quel sportif, lol.

Au niveau relief au début, c'est légèrement valloné, ensuite le plat et ça commence à remonter petit à petit.

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On surplombe souvent de belles résidences.Blog de leskilometresdelespoir : KDE ou les Kilomètres De l'Espoir, Dixième étape de Menton à Loano

Je passe par San Rémo, une belle ville qui ressemble beaucoup à Menton.

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Entre San Rémo et Impéria, un promeneur m'informe en anglais qu'il y a une piste cyclable en parallèle de la Via Aurélia et ce pour 23 km. Un vrai bonheur et surtout le nec, la traversée d'un tunnel uniquement cyclable de 1500 m à Costarainera, super sympa.

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Aprés cette première journée italienne, je fais escale au camping L'Idéal de Loano... Là c'est une histoire cocasse, dés l'accueil au campeggio ça devient, comment dire... folklorique, je parle un franglais assez simple et compréhensible, mais eux ne parlent qu'un italo-italien, lol. Le patron du camping me fait comprendre que je dois m'adresser à une tierce personne qui m'envoie vers une autre tierce personne, lol, beaucoup d'intermédiaires quand même. Là je me retrouve avec un vieil homme qui me désigne un immense emplacement herbeux et me dit de m'installer comme bon me semble.

Une fois installé, le patron vient me voir et m'invite à l'accompagner et je suis accueilli avec une bonne "birra alla spina" (une biere à la pression) d'à peine 50 cl, je l'ai tout de suite sentie dans les jambes. J'ai pu profiter de la télévision et de matches en direct avec ses cris de joies ou de désespoirs, c'était génial.

 

J + 10 :

Onzième étape de Loano à Rapallo  

Loano – Rapallo : 113 km 

Loano, Savona, Varazze, Genova, Recco, Rapallo. 

Aprés une nouvelle nuit pluvieuse, encore une... 

Lorsque j'ai voulu régler ma nuitée, je voulais me rendre au bureau. Mais le petit vieux de la veille s'est approché de moi et m'a fait comprendre que c'était 20 euros et qu'il me faisait un prix à 15 euros, sans facture bien entendu! Il fallait lui régler qu'à lui et non au camping. Allez comprendre, je n'ai pas cherché et j'ai quitté cet accueillant camping "mafieux" lol. 

Au début c'était tout plat, mais ça n'a pas duré longtemps, 5 km tout au plus et j'ai commencé à attaquer mes premières vraies montées et ça n'a fait qu'empirer aprés Savona, trés beau petit port accueillant de forts gros bateaux de croisières. 

 Ensuite j'ai dû traverser la ville de Genova, alors là, c'était du sport... Cette ville est immense, j'arrive par le port et ses docks, je passe devant la vieille ville, ça fait déjà une heure de traversée, je pense être sorti de la ville et pour immortaliser ma sortie, je prends la photo qui suit... 

Blog de leskilometresdelespoir : KDE ou les Kilomètres De l'Espoir, Onzième étape de Loano à Rapallo 

... je continue ma route et je me demande si je suis bien sorti de Genova. Je demande à une passante qui me désigne ma position sur ma carte et là c'est la grande surprise, je n'ai fait que la moitié de la ville... 

J'y crois pas , regarde la ville, la carte et là je réalise qu'elle est fort grande cette ville, pffff. En tout j'y ai passé 2 h 15 pour faire une traversée de 15 km environ. C'est long... 

Ensuite ce sont les montées et descentes habituelles, jusqu'à ce que j'approche de Rapallo. La voie maritime m'est interdite, trop de tunnels. Donc j'ai pris la voie partagée pour les cyclistes. Mais là c'était pas marqué sur la carte, ça grimpe trés fort, je vois l'église perdue dans les nuages, c'est "molto lungo" (trés long). 

Une fois arrivée sur la place du village, je m'adresse à un passant qui me fait comprendre que je suis dans Rapallo le vieux et que pour le camping je dois me rendre à Rapallo tout en bas dans la vallée... Super chouette... lol. Je finis donc par atteindre mon campeggio, il a tellement plu que les emplacements herbeux sont inutilisables, donc ce soir c'est gravier, lol.

 

J + 11 :

Dernière étape de Rapallo à San Benedetto 

Rapallo – Montagne La Spezia San Benedetto : 72 km 

Rapallo, Sestri Levante, (via aurelia) San Benedetto. 

Donc comme d'habitude, nuit pluvieuse, sauf que ce matin la pluie est toujours là. Ce n'est pas de bonne augure... 

Dés la sortie de Rapallo ça commence à bien monter, ensuite c'est l'alternance montées/descentes. 

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 Rapallo c'est la ville au fond, sous la pluie... 

Le temps s'améliore et comme par hasard c'est là que ça commence à monter sérieux. En fait ça commence à Sestri Levante et se termine à Mattarana, soit 23 km d'ascension. 

J'ai le droit à 2 bris de chaîne qui viennent à bout de ma réserve de chaîne. J'aurais utilisé 22 maillons au final... et là c'est la fin de fin... aïe aïe aïe... ça va craindre si ça monte encore... 

...Et ça monte encore, encore et encore... 

Pour enfin arriver à Passo Del Bracco, à 615 m d'altitude. 

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Et quand je regarde au loin je vois la mer, enfin je l'imagine.

 

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Ce front de mer qui m'est interdit car il y a trop de tunnels et les vélos en sont bannis, c'est donc pour ça que je fais de la montagne alors !!! 

Aprés le "Bracco" c'est la descente, longue et bienfaitrice, mais voilà que ça remonte, ma chaîne recasse une nouvelle fois, à Carrodano, je la répare comme je peux... 

Une fois à San Benedetto, la fatigue physique est là et le tricycle est fragile, je n'ai plus de maillons. 

Il vaut mieux arrêter, je ne peux me permettre de casser ma chaîne une nouvelle fois. 

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Voilà, c'est la fin de l'aventure.